lundi 28 mai 2012

"Le professeur d’allemand attend son titre de séjour" (midilibre.fr)

Article à lire ici.

Extraits :
« Ce professeur d’allemand, d’origine ivoirienne, que le lycée millavois Jean-Vigo emploie comme enseignant contractuel depuis janvier est toujours dans l’attente de son titre de séjour. »

« Titulaire d’une maîtrise d’allemand qu’il a décrochée en Allemagne, où il est arrivé il y a une quinzaine d’années, cet enseignant aujourd’hui sans-papiers a d’abord été employé, comme contractuel dans un collège de Basse-Normandie par le rectorat de Caen. Son contrat, prévu pour une année scolaire, a malheureusement été rompu après que son titre de séjour allemand n’a pas été renouvelé. C’est ainsi qu’a débuté la galère. Malgré diverses démarches et plusieurs soutiens, dont celui du médiateur de la République de Haute-Garonne, qui lui a permis de décrocher un poste à Millau, Patrick Tiagoné se trouve toujours en situation irrégulière et en grande précarité. »

« "On a quelqu’un qui rend service à l’État français et l’État ne le lui rend pas. Nous sommes dans toute l’absurdité de l’administration", dénonce “poliment” Sylvain Lagarde de la FSU. »
Effectivement l’État ne doit pas faire quelque chose et à la fois son contraire : recruter un homme et lui refuser le séjour sur le territoire !
Par ailleurs, non seulement c'est contradictoire, mais c'est aussi indigne et odieux : l’État ne respecte pas celui-là même qu'il emploie tous les jours !

samedi 26 mai 2012

Le système de remplacement des professeurs est "arrivé à un point de rupture" (Le Monde)

"On comprend aisément, à sa lecture, pourquoi il est resté près d'un an dans les tiroirs de la Rue de Grenelle : le rapport de l'inspection générale sur le remplacement des enseignants absents est accablant. C'est l'un des dix-sept rapports "cachés" par l'ancien ministre de l'éducation nationale, Luc Chatel, que son successeur, Vincent Peillon, vient de rendre public, dans un souci de"transparence", a-t-il martelé. Ils ont été mis en ligne vendredi 25 mai sur le site du ministère."
La suite est à lire ici. A noter : rien de significatif concernant les non titulaires ni dans le rapport du ministère, ni dans l'article, à croire que nous n'existons pas :(

Depuis l'arrivée du nouveau ministre, à qui nous souhaitons la bienvenue, il est remarquable que de nombreux sujets ont été abordés, mais pas celui de notre précarité.
Rendons-nous visibles, ou alors nous serons tout bonnement oubliés !

mardi 15 mai 2012

Témoignage

Bonjour,
Cela fait 4 et demi que je suis remplaçante maitre auxiliaire non titulaire (n'importe quel nom)...dans l'éducation nationale privée. Je suis comme tout le monde dans cette situation...blasée. J'ai un master 2, j'ai été admissible à l'oral du caer cette année mais hélas je ne devais pas correspondre à leurs critères qui restent flou pour moi. Je fais mon travail avec passion et je n'ai pas envie d'arrêter et même si je le voulais comment justifier presque 5 ans d'ancienneté dans l'éducation nationale devant un employeur. Pour finir le mois, je cumule deux emplois et je travaille pendant les vacances scolaires donc ce n'est même pas ça qui me donne envie de rester. Je suis épuisée moralement et je ne peux rien construire, j'ai 30ans et pas de possibilité d'acheter une maison car les banques ne prêtent rien aux vacataires, pas la possibilité d'avoir un enfant car j'ai trop peur de perdre mon ancienneté... Le système est vicieux et ridicule et nous sommes des moutons qui suivons les règles pour ne pas finir au chômage. Je vous souhaite d'avoir le CAPES, CAER ou CAFEP un jour. Bon courage.
 Si vous aussi vous voulez témoigner, cliquez sur "commentaires".

samedi 12 mai 2012

Communiqué Sud Etudiant

Sarko est parti, vive la LRU ? Le changement, c’est quand ?
 
Au lendemain des élections présidentielles, ce lundi 7 mai au matin, Valérie Pécresse, ex-ministre de l’enseignement supérieur se félicitait des choix du nouveau président de ne pas modifier les réformes mises en œuvre dans les universités ces dernières années. Le bilan de l’ère Pécresse est pourtant funeste et contredit son discours d’autosatisfaction. Nous lui rappelons d’abord que de 2007 à 2011, la part des étudiant-e-s issu-e-s des classes populaires a diminué dans l’enseignement supérieur de 4 points (chiffres de l’Observatoire de la Vie étudiante). Ensuite, imposant un débat raciste sur « l’identité nationale » jusqu’à en instrumentaliser la recherche, les conséquences nauséabondes de ce glissement vers l’extrême droite ont frappé des milliers d’étudiant-e-s étranger-e-s forcé-e-s d’abandonner leurs études. Enfin, détruisant méthodiquement les financements réguliers des universités, la LRU impose peu à peu le financement par projets de court terme, nuisant à toute recherche de qualité et contraignant les personnels à une précarisation sur des contrats de courte durée.

La suite ici.

vendredi 11 mai 2012

Lettre d'un précaire à Vincent Peillon, le probable futur ministre de l'éducation de François Hollande

Bonjour Monsieur Peillon;

Le retour aux affaires des socialistes soulève beaucoup d’espoirs pour la jeunesse, qui n’est certes pas constituée que d’élèves et d’étudiants, mais aussi de salariés précaires dans le public.
QUID des milliers de contractuels, parfois bi ou tri-admissibles aux concours de l’enseignement, qui vivent dans une totale précarité à chaque fin d’année scolaire, se demandant si un poste leur sera attribué et si leur salaire leur sera versé l’été suivant ?
Monsieur Peillon, pourquoi ne pas imaginer un dispositif de titularisation sur inspection de contractuels chevronnés dans le secondaire ? Ou des postes aux concours réservés à certains d’entre eux ? Ou même des listes complémentaires d’admissibles qui n’auront pas eu la chance de réussir ces oraux hasardeux qui décident de toute leur carrière ?
Pour vous donner mon exemple, cela fait quatre ans que j’enseigne en tant que vacataire puis contractuel. Ma discipline d’origine est la philosophie; mais j’ai été amené à enseigner (si les parents d’élèves savaient cela !) les lettres, les sciences économiques et sociales et la science politique ! Tous les ans avant de passer mon CAPES couperet, le rectorat m’ordonne de corriger une centaine de copies de bac juste avant mon épreuve !
QUID de ces vocations brisées par la droite d’entrer dans la fonction publique ? Les rectorats ont jusqu’à maintenant bien été contents de pouvoir se servir de cette main d’oeuvre corvéable à merci : la gauche saura-t-elle leur apporter un quelconque espoir, ou les méprisera-t-elle à leur tour en ne prenant en considération que les sacro-saints concours – pourtant si aléatoires ?
En l’espoir d’une quelconque réponse, je retourne au travail avec mes terminales – en CDD, et sans avoir jamais reçu aucune formation pédagogique bien sûr. Cela fait plus de quatre ans que cela dure. Cordialement; vous comprendrez que je souhaite garder mon anonymat.

Le contractuel méprisé.

Communiqué signé par Michel Ascher

"En décembre 2010, quand j'ai découvert que les Recteurs se voyaient attribuer une prime de 15000 à 22000 en fonction de leur capacité de fait à supprimer le plus grand nombre de postes, vire à fermer purement et simplement des établissements. Je ne pus sans réaction devant un tel cynisme. C'est ce qui me décida à initier le large mouvement de renvoi des palmes académiques.

Je m'étais alors promis que j'inviterai toutes celles et tous ceux qui, pendant toutes ces années, luttèrent contre la politique systématique de casse de l’école publique à se retrouver le moment venu.

L'hypothèque Sarkozy est maintenant levée.

Ce sera donc le mercredi 16 mai prochain, à partir de 17h, devant le Rectorat de Lille, 20 rue Saint-Jacques que nous attendons tous les acteurs de ces résistances.

Nous seront ainsi sur les lieux mêmes où la Rectrice, en dépassant constamment sa fonction, se fit la militante zélée de cette politique dont il nous faut maintenant réparer les dégâts.

Ce sera une belle occasion de lui dire son fait et de lui souhaiter bon vent.

Michel Ascher,

le 10 mai 2012"

Espérons que les recteurs qui auront été les plus sarkozistes, sont actuellement dans leurs petits souliers !

dimanche 6 mai 2012

Publication du décret cadre, mais on ne sait pas encore combien de postes seront ouverts !

Concernant la loi du 12 mars 2012 et plus particulièrement son volet de titularisations, dit plan Sauvadet, merci de noter que le décret-cadre fonction publique vient d'être publié, c'est la première étape pour la définition des dispositifs de titularisation.
Je mets un sondage sur le blog, faut-il se faire entendre pour avoir des postes, ou attendons-nous que le bon sens et l'empathie soient enfin de retour ?

lundi 30 avril 2012

Le peuple passe des concours, les oligarques sont "nommés" !

Alors que nous attendons simplement un nombre décent de places aux concours, ainsi qu'un concours réservé accessible aux plus anciens d'entre-nous, par respect pour services rendus dans la plus grande précarité (CDDs pendant 10 ans parfois !), le gouvernement actuel nomme à tour de bras !

On en trouve un exemple désolant ici...

Ceux qui décident du nombre de postes aux concours, sont ceux-là mêmes qui sont simplement "nommés" selon le bon vouloir du Prince !

Pourquoi ce qui est bon pour le peuple, ne le serait pas pour ses politiques !

dimanche 29 avril 2012

Défendons notre 1er mai !

Très bon papier à lire sur Le Monde
Par Annie Ernaux, écrivaine et agrégée de lettres modernes.

Stupeur, colère - il ose faire ça ! -, ma première réaction à la proclamation de Nicolas Sarkozy de fêter " le vrai travail" le 1er mai sur la place de la Concorde. Puis la sensation d'une blessure. [...]

Dans ce système binaire qui violente la réalité complexe du pays, sa diversité sociale et culturelle, qui attise les haines, il y a, d'un côté, une France méritante, courageuse, respectueuse des lois, la "vraie" France, légitime sur son sol ancestral, et de l'autre, une population indigne qui n'a pas vocation à incarner cette vraie France, constituée qu'elle est de "communautés" - terme d'exclusion dans le répertoire du chef de l'Etat, repris par les médias sans discussion - d'origine étrangère, d'individus parasites. Un ensemble flou, menaçant, auquel, selon les moments et les circonstances, sont adjoints les grévistes, les profs, voire les juges, censés relâcher tous les délinquants, et "les élites ". La vraie France a droit à des flots de compassion, parce qu'elle "souffre", leitmotiv de la campagne de Sarkozy, l'autre, souvent la plus pauvre et la plus fragile, est vilipendée, livrée en pâture à la première comme source de ses malheurs. [...] 

Quel travail, où le travail, quand des usines licencient, ferment du jour au lendemain, que les files d'attente s'allongent à Pôle emploi ? Pour qui le travail, à la couleur de la peau, à l'âge ou au diplôme ? Comment le travail, dans une atmosphère de harcèlement, dans les déplacements quotidiens au bout du RER ou les trajets de 50 km à l'aube ? Combien le travail, 1 000, 1 500 euros dont il faut déduire le loyer de 500 euros ? Rien de tout cela n'importe à un candidat qui, depuis cinq ans, n'a cherché qu'à déréglementer le travail, à l'imposer le dimanche, à détruire le service public d'éducation et de santé, à "rassurer les investisseurs". [...]

Il faut casser cet imaginaire de suspicion et de haine qui empoisonne le pays, mais cela ne se fera qu'en engageant la lutte pour un partage des richesses, l'égalité dans l'éducation, l'accès aux soins, à la culture, des conditions de vie meilleures pour tous. Pour une République sociale.

[je souligne]
Nous ne demandons pas la lune, nous voulons simplement des conditions de travail dignes !
Exigeons la sortie de la précarité !

vendredi 27 avril 2012

Chercheurs, étudiants, aidez-nous !

Vous savez utiliser un logiciel de statistiques, et vous savez en interpréter les résultats ?

Vous pouvez aidez les précaires. Le collectif APEN : Agir contre la Précarisation dans l'Éducation Nationale, met à votre disposition les données brutes de sa récente enquête :

Bonjour,

Comme prévu les données relatives à l'enquête de l'APEN sur la précarisation dans l’Éducation nationale sont mises en ligne.
Encore une fois merci à toutes et à tous pour votre participation tant pour la conception que pour la diffusion ou simplement vos réponses.

Toutes les données brutes sont ici : http://apen76.fr/spip/spip.php?article2422

Nous rappelons que nous ne prétendons pas à l'exhaustivité ou à une représentativité parfaite avec cette enquête : elle est une somme de représentations. Nous en avons conscience et nous la considérons comme telle.

Cependant avec 1053 participant-e-s et la diversité des profils (1/2 syndiqué-e-s, enquête relayée par des réseaux militants ou non – néoprofs, profs précaires et de nombreux sites) nous pouvons espérer un échantillon propice à l'analyse.
Nous espérons être le plus nombreux à analyser cette enquête. Aussi comme annoncé, nous tenons à votre disposition les données en format excel pour celles et ceux qui souhaiteraient les traiter. Pour cela s'adresser à Yoan qui s'occupe de la veille des mails & forum durant les vacances.
Votre participation à l'analyse des résultats pourra permettre de rendre cette enquête efficiente notamment en croisant nos représentations sur la précarisation.
Si vous souhaitez participer individuellement au dépouillement, n'hésitez pas à nous contacter. Nous vous serions reconnaissants de nous communiquer toute analyse réalisée à partir de ces données.
De même n'hésitez pas à nous adresser toute critique externe ou interne à l'enquête.

Cordialement, 
Le collectif APEN : Agir contre la Précarisation dans l'Éducation Nationale.    http://apen76.fr/spip/?lang=fr